| Interview : Kevin un vrai passionné ! |
| 29-04-2009 | |
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Salut Kevin,
Bonjour à tous, j’ai vingt ans et je suis en première année de LLCE (Licence Langue et Culture Etrangère) option scandinave. En gros ça veut dire que j’étudie l’histoire, la culture et les langues des pays nordiques, et en particulier le suédois. D’ailleurs je suis quelqu’un de très « scolaire », dans le sens où mes loisirs sont surtout la lecture et l’étude de sujets divers et variés (sciences, économie, langues, etc.) Rien de passionnant pour beaucoup, mais rien de plus passionnant pour moi ! j’aime la musique, je suis très ouvert (Rock, Métal, Rap, Classique, Traditionnelle…). Bref, je m’intéresse à tout et n’importe quoi.
Cette saison beaucoup pensaient vous voir relégué en division 2, vous avez finalement prouvé que vous avez bel et bien votre place en division 1, comment voyais tu les choses avant le début de la saison ? Et comment les vois-tu maintenant ? Au début de la saison, je dois avouer que je partais perdant, même si le coach n’en était pas aussi convaincu. Je m’étais dit : « On est loin d’avoir le niveau, alors on est juste là pour se faire plaisir. » Je pense que c’est ça qui a tout changé. C’était la première fois qu’on jouait sans pression. J’ai alors eu la confirmation de ce que je pensais depuis longtemps : le foot-fauteuil se joue avant tout dans la tête. Le premier week-end à Kerpape s’est joué dans une atmosphère sereine pour nous, parce qu’on jouait pour jouer, pas forcément pour gagner. On voulait se faire plaisir, alors, on a fait notre jeu, et on a tous découvert notre véritable potentiel. Maintenant beaucoup de choses ont changé, on sait de quoi on est capable et on prend chaque nouveau match comme un nouveau défi.
Ton coéquipier Bryan Weiss dernièrement appelé en équipe de France espoir a franchi un palier cette saison. Il fait beaucoup parler de lui. Peux- tu nous parler de sa progression plutôt fulgurante ? Bryan a toujours eu un potentiel exceptionnel. J’ai eu la chance d’être son coach à ses débuts et de pouvoir l’assister dans la révélation de son potentiel. C’est un joueur né pour le haut niveau et tout le monde l’a compris. Mais cette progression fulgurante est aussi ce qui fait sa faiblesse, surtout vu son jeune âge. Il n’a pas eu le temps de se construire mentalement, et il lui faut des joueurs d’expérience pour l’épauler, pour lui parler. Mais ça, grâce à l’entente GCS-Villeneuve d’Ascq, il l’a eu. Et Bryan n’a pas fini d’évoluer.
On parle souvent de Bryan mais cette année, toi aussi tu as franchi un palier. Où penses tu avoir progressé par rapport aux années précédentes ? Comme je l’ai dit plus haut, notre grande évolution (et donc la mienne) se situe au niveau mental. C’est une expérience incroyable de jouer une équipe comme Kerpape sans pression en ouverture de saison, et de ressortir avec 1 point. Et puis, le fait de t’avoir perdu (Julien Reniers), nous a beaucoup apporté, car devant prendre de nouvelles responsabilités, nous nous sommes affirmés. Dans mon cas, j’ai dû arrêter de me reposer sur les autres, et apprendre à faire autre chose que des passes. Nous avons tous ainsi évolués dans l’équipe, même si certaines progressions sont plus visibles que d’autres.
Grafteaux se base sur une défense très solide mais ne parvient que très rarement à marquer des buts, que peux-tu nous dire là dessus ? Oui, je dois bien l’avouer, nous et les matchs nuls, c’est une grande histoire. C’est une chose de ne pas prendre de buts, c’en est une autre de marquer. Nous même avons du mal à comprendre ce phénomène, est-ce un manque de réalisme face au but ? Ou simplement que nous tentons des trucs trop complexes pour nous ? En tout cas, dès que je le saurais, tu en seras le premier informé !
Tu as marqué ton premier but en division 1 lors de votre dernier match contre Chatenay, une réaction ? Oui, bien que j’en ai honte et je dois l’avouer, ce but n’a rien de calculé ! C’est en fait une belle feinte de passe loupée. Non, plus sérieusement, ce but m’a fait énormément de bien après toutes ces années sans marquer, surtout qu’il est tombé au moment où on en avait besoin.
Tu as toujours été un passeur exemplaire mais tu te retrouves très rarement en position pour marquer, n’est-ce pas rageant pour toi de ne pas être récompensé de tes efforts ? Non. Je pense que si quelqu’un pouvait répondre oui à cette question c’est qu’il n’a rien compris au foot-fauteuil. Je suis amplement récompensé de voir que nous sommes à deux doigts de réussir à nous maintenir, pourquoi devrais-je faire le sale boulot ? Non, il n’y a rien de rageant à ne pas marquer quand on n’a pas un égo surdimensionné.
Quel est ton plus beau souvenir de ta carrière de foot-fauteuil ? Et le pire ? Le meilleur : Beaucoup de personnes du club le connaisse, car je l’ai souvent raconté. C’était la finale du championnat de national lorsqu’il n’y avait pas encore de D3. La victoire nous amenait en D2, et nous l’avons eu lors d’un match où j’ai beaucoup souffert, face à Paris Saint-Jean. J’étais coaché par Blaise Deperchin à l’époque, et il doit aussi bien s’en souvenir que moi. Quant à la pire : Je ne sais pas vraiment. Peut être l’époque où je suis revenu de mon opération du dos, et je devais alors jouer avec un casque de rugby pour tenir ma tête. J’avais perdu mon niveau et mon jeu était pitoyable. Certains disent d’ailleurs que je ne l’ai récupéré que récemment…
L’an dernier tu n’as pas participé à l’épopée Coupe de France - Ligue des Champions, n’as tu pas de regrets ? Si, j’en ai. Même si je n’en parle pas, je ne vais pas mentir. Je n’ai pas pu participer à la coupe de France car elle se déroulait la semaine du bac, et c’est donc logiquement que je n’ai pas été retenu pour la Ligue des Champions. Mais ça n’empêche que cette expérience manquée restera mon plus grand regret lorsque j’arrêterai.
Tu es le seul joueur de division 1 à utilisé un P220 peux tu nous expliquer les raisons pour lesquels tu as fait ce choix ? C’est un choix sans en être un. La vérité c’est que je suis tellement habitué au P220 que lorsque je me retrouve en Storm, je fais n’importe quoi ! Mais le fait d’avoir un P220 apporte selon moi beaucoup à une équipe. Que se soit sur le plan tactique, qui permet facilement de feinter sur coup de pied arrêté, ou technique, par sa différence dans la manipulation, le P220 est une arme qui peut être redoutable à condition de savoir l’utiliser. Je pense que la recrudescence des P220 à une époque à été perçu comme une mode, et que la D1 passe vraiment à coté de quelque chose en l’oubliant peu à peu.
A différentes reprises on a pu voir sur le forum des débats sur le désavantage que certains peuvent avoir dû à leur handicap plus ou moins lourd, peux tu nous donner ton avis la dessus ? C’est un débat qui me tient beaucoup à cœur. Les nouvelles règles ont apporté beaucoup de nouveautés, dont cette réalité que le foot-fauteuil devient un sport qui exclu les handicaps lourds. Rappelons la définition du foot-fauteuil que certains sont si fiers de mettre en avant : « l’unique sport collectif accessible aux handicaps lourds ». Jamais définition ne fut aussi hypocrite. Nous sommes fiers d’avoir aujourd’hui un sport spectaculaire, mais ne nous voilons pas la face. On aura beau diffuser des matchs sur le net, créer des événements internationaux, augmenter la diffusion médiatique du sport grâce à cette image spectaculaire, il n’en reste pas moins que le foot-fauteuil restera toujours un handisport, et qu’il ne sera jamais considéré comme un vrai sport que par les proches compatissants des joueurs. Alors cela vaut il la peine de bloquer l’accès du haut niveau aux plus « faibles » (physiquement) d’entre nous en autorisant un jeu brutal et débile ? Je n’en suis pas convaincu. C’est un point de vue qui ne me vaudra pas beaucoup d’ami, mais je ne compte pas mentir pour enjoliver la réalité.
Sinon ce week-end vous avez l’occasion d’assurer votre maintient, ça risque de ne pas être simple mais vous avez prouvé à plusieurs reprises que vous étiez capable d’inquiéter des gros calibres, comment te sens tu, quelques jours avant le départ pour la Belgique ? Plutôt bien. Pour te dire la vérité, je ne pense même pas au week end. Comme je l’ai dit plus haut, j’ai décidé de prendre les matchs comme ils viennent cette saison, et de ne pas anticiper. De toute façon, rien ne se passe jamais comme prévu.
Pour finir, tu as été élu dernièrement vice-président de Grafteaux Culture Sport, on rappelle que c’est une association qui engrange plusieurs activités (lesquels ?), peux tu nous expliquer ton rôle ? Je suis préposé à la boite aux lettres ! Non plus sérieusement je m’occupe de la communication interne dans l’association. C'est-à-dire que je réceptionne les infos qu’on me transmet et que je renvoie vers les personnes ou secrétariat concerné. Je m’occupe également du côté foot-fauteuil de l’association, en collaboration avec les coachs bien sur. Car GCS, c’est beaucoup plus que ça. Comme son nom l’indique, l’association s’implique non seulement dans différents sports (foot, basket etc.) mais également dans divers activités culturelles, avec de nombreux partenaires. C’est une association assez grande, dont le foot-fauteuil n’est qu’une facette.
Autre chose à ajouter ? Je voudrai remercier toute l’équipe de l’entente, et j’entends par là les coachs et les bénévoles qui sont, au moins autant que les joueurs, l’âme du club. Et je pense que cela vaut pour l’ensemble de notre discipline, en incluant les arbitres, car si notre sport existe, c’est surtout grâce à tout ce monde qui gravite autour de nous. C’est vrai quoi ! A quoi ressemblerait le foot fauteuil sans tous ces coachs qui râlent sur les arbitres ! Merci à tous et à bientôt.
Merci Kevin d’avoir répondu à nos questions puis bonne chance pour votre week-end à Charleroi !
Julien Reniers |
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