Foot-Fauteuil.net

NOTE: To use the advanced features of this site you need javascript turned on.

Accueil
PowerChampion's League : le point de vue EPFA avec Nicolas Dubes.
01-11-2008

Powerchampion's League

A une semaine de la 1ere coupe d'Europe des clubs de foot-fauteuil, Nico Dubès fait le tour de la compétition. Le reponsable du sportif auprès de l'EPFA (European Powerchair Football Association) revient sur ce week-end exceptionnel mais aussi sur l'avenir du foot-fauteuil en Europe et l'aspect vitrine que constitue la Powerchampion's League.

Nicolas bonjour :

Bientôt la première Power Champion’s League de l’histoire, comment imagines tu cet évènement ?

On l’attend tous avec énormément d’impatience ! Forcément… Et j’imagine également l’impatience des joueurs à une semaine de l’évènement… En tout cas, je me dois de les rassurer, quelque soit le résultat final, ils ne seront pas déçus du déplacement… On a tous énormément travaillé pour faire de cet évènement le plus grand évènement Foot-Fauteuillistique jamais connu en Europe. Vous me direz que ce n’est pas très compliqué puisque c’est le premier… Mais je peux vraiment vous assurer que la Commission Française et le club de Douai ont mis le paquet pour faire de cette Ligue des Champions, au-delà de l’aspect strictement sportif qui aura évidemment son importance, un évènement promotionnel à grande échelle pour le Foot-Fauteuil français et européen. Les premiers signes sont encourageants, de nombreux médias se renseignent et ca c’est vraiment nouveau, on espère qu’ils répondront présents, comme le public… Et si c’est le cas, quoi qu’il arrive, on aura réussi notre pari qui se veut ambitieux sur le plan de la communication !

Peux tu nous expliquer quel est ton rôle en tant que Directeur Technique Fédéral Adjoint et de représentant de l’EPFA dans l’organisation de cette compétition ?

Pendant la PCL, vous ne verrez que le Nicolas avec sa casquette européenne, qui est déjà bien assez grande, puisque je me suis pratiquement coltiné le projet seul au niveau de l’EPFA. Je considère un peu cette PCL comme mon bébé, et comme vous le savez, être père c’est beau mais c’est aussi usant. Depuis plusieurs semaines, je me lève Champion’s League, je mange Champion’s League et je me couche Champion’s League pratiquement tous les jours comme les têtes pensantes douaisiennes qui sont sur le pont tous les jours avec moi en ce moment. Ce n’est pas toujours facile la vie de couple, mais on vit bien ensemble. Et je peux toujours compter sur le soutien précieux de Franck et de Ricky Stevenson, le Président de l’EPFA, qui savent me remettre à l’endroit quand le moteur chauffe. Il faut tout maîtriser, la compétition et tous les à cotés. Et on n’est jamais à l’abri d’imprévus. La Coupe d’Europe ne s’organise pas comme un simple week-end de championnat. On ne veut pas refaire du Tokyo, on veut simplement faire du français, mais du français haut de gamme.

Le désistement du club portuguais de Coimbra est une déception. Ne penses-tu pas que ce problème pour les pays plus excentrés risque de se poser tous les ans ?

Une déception c’est certain, surtout quand on sait que j’ai tout fait pour qu’ils soient là. Maintenant ce n’est pas une surprise non plus, il fallait s’y attendre, comme on s’attendra peut-être un forfait danois le jour où on se rendra au Portugal pour la PCL ou autre. C’est le lot d’un petit pays avec peu de moyens, comme tous ceux où le Foot-Fauteuil est encore en voie de développement. Mais, il faut persévérer à les aider tout comme eux doivent vraiment faire des efforts. Comme les danois d’ailleurs, qui sont là certes, mais qui, je le rappelle, devaient initialement organiser cette première édition et qui ont reculé faute de moyens. Il va falloir se montrer patient et ne pas mettre la charrue avant les bœufs, en gardant en tête ces soucis qui seront encore présents pendant longtemps c’est certain. Maintenant ca ne doit pas nous empêcher d’avancer. L’EPFA n’existe juridiquement que depuis un mois. On devra trouver des moyens pour aider ces pays émergeants. On ne voulait pas traîner après Tokyo pour créer une compétition européenne pour profiter de l’élan. On aurait pu attendre et laisser le temps à chacun de s’organiser. Mais c’était aussi le risque de les voir se démotiver. Et je vous rassure ce n’est pas le cas des portugais ! Alors, certes ce forfait nous a obligé à faire des ajustements, en rappelant notamment une quatrième équipe française pour compléter. Ca ne nous a pas ravi loin de là… Mais il fallait préserver l’équilibre sportif de la PCL. Avant de solliciter Vaucresson, j’ai avant tout proposé une place supplémentaire à l’Angleterre, qui l’a refusé. Le choix français s’est alors avéré être la seule solution possible. Et Vaucresson était le premier sur la liste des non qualifiés…


Pour toi quel est l’équipe étrangère la plus redoutable ?

Vous savez, la compétition pour moi, elle est secondaire. Mais en même temps, une compétition réussie signifie aussi un plateau de qualité. Et malgré une surpopulation française, je pense qu’on est gâté. Surtout après le tirage au sort des poules qui promet vraiment de grandes rencontres. Beaucoup attendent un cavalier seul des Frenchies, pas moi et le dernier tournoi à Villeneuve d’Ascq me conforte dans cette idée. Londres va faire mal, au sens propre comme au figuré, mais sa poule est extrêmement compliquée. Newcastle devient à mon sens la meilleure chance anglaise. Après les enfants, ne prenez pas les vikings pour des manchots ! Ils ont montré de grandes choses au Japon, en faisant pleurer les anglais. Nul doute qu’ils ont du encore progresser. Après il y a Charleroi, on connaît évidemment c’est une valeur sûre. On verra, je ne sais pas pourquoi mais je sens bien une grosse surprise…

Comment se passe l’évolution de notre sport dans les pays qui ne sont pas encore inscrits aux compétitions officielles ? Penses tu que la 2eme PCL verra un plus grand nombre de pays ?

Je ne suis pas devin pour savoir ce qui se passera demain chez nos voisins européens, mais ce qui est certain, c’est qu’il y a un vrai engouement envers notre sport. Je peux vous assurer que la Commission Développement de la FIPFA multiplie les contacts. Certains sont en passe de se concrétiser, d’autres mettront sans doute plus de temps à aboutir. On revient de Russie et de Suisse, les Anglais ont quasiment convaincu les Irlandais, dont certains seront d’ailleurs présents avec nous à Douai, les Ecossais et les Gallois. Chacun va aller à son rythme, peut-être qu’on ne réussira pas partout, mais en tout cas les bases sont là pour que l’Europe devienne vraiment le moteur du développement international. La seule certitude que j’ai aujourd’hui, c’est qu’il y aura bien une PCL 2009 et qu’elle n’aura pas lieu en France. Rien ne dit par contre qu’on restera à huit équipes la saison prochaine. On s’adaptera très vite. Et ce sera la preuve que notre travail à tous porte ses fruits. La PCL va devenir une vitrine…

Le foot-fauteuil a beaucoup évolué lors de ces dernières années, comment l’imagines tu dans 10 ans ?

Avec des cheveux blancs et des lunettes… Non, plus sérieusement, sur le toit du monde. On a construit quelque chose d’inimaginable il y a encore cinq ans alors, imaginez dans 10 ans ! C’est beau un monde qui joue… on pourra bientôt dire, c’est beau un monde qui joue au Foot-Fauteuil. Dans 10 ans ce sport là sera le sport numéro un dans le monde de l’handisport. Il va simplement falloir lui donner les moyens de grandir. Il aura plus de vécu mondial. Espérons que d’ici là les grandes nations du football valide qui manquent aujourd’hui à l’appel nous auront rejoints et qu’on parlera de nous dans les médias, de manière beaucoup plus concrète, c’est le nerf de la guerre. Sans les médias, on n’existe pas. Mais pour les attirer il faut être crédible. Ca viendra… La PCL est une première étape !

Penses tu qu’un jour les clubs de foot-fauteuil pourront être subventionné par les clubs de foot professionnel de leur région ou un réel sponsoring privé ?

Un jour mon prince viendra… Cette question revient souvent en ce moment, mais c’est toujours le même problème de crédibilité. Tout le monde espère qu’à terme, on attirera le regard du football valide, car on s’identifie souvent à lui. Ne nous trompons pas de cible. Si nos clubs attendent l’argent du monde professionnel, ils pourront fermer boutique dans peu de temps. On a vécu sans lui, on vit sans lui et on vivra sans lui. Des projets existent, des idées émergent mais ce sont pour le moment le fruit d’initiatives personnelles écoutées par des gens bienveillants. On a la volonté de travailler avec le monde du football valide car au-delà de sa puissance financière, c’est sa puissance médiatique qui est intéressante. On ira certainement les rencontrer avec des projets, des idées de rapprochement. Mais aujourd’hui on ne représente aucun intérêt pour les clubs professionnels qui vivent dans un milieu très fermé et opaque. Faisons donc d’abord en sorte de ressembler à quelque chose. C’est le cas aujourd’hui chez nous en France. Alors on va y travailler. Et forcément, avec l’effet boule de neige, vous verrez que les sponsors viendront plus facilement. Soyons patients et restons intelligents dans notre démarche.

As tu un favori pour la prochaine Coupe d’Europe des clubs à Douai ?

Sincèrement, je le répète, je ne souhaite pas me prononcer, pour moi le sportif est aujourd’hui secondaire. Tous ceux qui seront là le méritent et pourront dire qu’ils auront vécu la première compétition européenne des clubs de l’histoire de l’intérieur. Mon favori du week-end à moi ce sera le Foot-Fauteuil tout simplement qui je l’espère sortira grandi de cette grande première. Après, je mettrai bien une pièce sur Philippe Delattre sur la soirée de Dimanche car je pense qu’on va bien décompresser. Et on l’aura bien mérité !

Autre chose à ajouter ?

Je voudrais, au nom de l’EPFA, remercier très chaleureusement tous ceux qui ont investi de leurs temps, notamment à Douai, et de leur argent pour que cette Coupe d’Europe voie le jour. Remercier tout particulièrement le club de Douai qui s’est lancé à corps perdu dans cette aventure avec nous, qui nous a prouvé qu’ils avaient des ressources exceptionnelles pour un aussi jeune club, des dirigeants compétents qui ont aussi malheureusement découvert la complexité d’organiser un évènement de cette ampleur, cadré volontairement par nos soins. Je peux vous promettre que ce qu’à fait Douai, c’est exceptionnel. Je leur tire un grand coup de chapeau ! Et évidemment, il ne me reste qu’à souhaiter bonne chance à tout le monde et à inciter les supporters à venir nombreux. On espère évidemment vivre une belle fête, mais avec un gymnase plein dimanche, ce sera encore plus beau !

 

Interview préparée par Julien et Gab. Un grand merci à Nico pour ses réponses précises !

A VOIR AUSSI

- Programme de la Powerchampion's League

 
< Précédent   Suivant >